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(8) Dansons sous la pluie

Y a plus de saisons ! Vous le pensiez aussi avouez- le ? Enfin si, il y a des saisons plus exactement, il n’y a plus de transition.

C’était l’été jusqu’ à mercredi , on était en maillot de bain sur la terrasse, on venait travailler en tongues, en jupe et en débardeur, puis jeudi au petit matin, c’était l’automne, on a mis les bottes en cuir et trois couches de pulls !

Je soupçonne le climat de s’être inspiré de Danny Boon, sauf que ce n’est pas sur l’autoroute devant le panneau « Nord Pas de Calais » que le rideau de pluie est tombé, et les degrés avec…c’est entre minuit et 2 heures du matin dans la nuit de mercredi à jeudi…la douche froide !

Bon ce n’est pas comme si on ne devait pas s’y attendre, un jour ou l’autre, surtout passé le 22 septembre, on savait qu’il faudrait ranger les chapeaux de paille et les serviettes de plage, mais les remplacer tout de suite par les skis ! À mon avis il y a eu une rupture espace temps et on s’est tous réveillés après un bon de trois semaines dans le temps !

En même temps je dis ça, mais moi je suis contente, je n’attendais que ça de mettre un pull, et manger du bœuf bourguignon !

J’aime les saisons, les vraies, j’aime leurs couleurs, leurs odeurs, leurs températures, et les fringues que l’on doit mettre avec.

J’aime ce cycle, ça me rassure. Ça vient peut être de l’endroit où je suis née, l’est de la France, dans l’axe médian, pile au milieu. Ni trop haut, ni trop bas, ni trop à gauche, bien dans les terres, à flan de montagne.

J’aime nos hivers à la montagne. Quand j’étais enfant, le ski était incontournable. Tous les dimanches, nous étions debouts à 6 heures du matin, pour un voyage en car de 2 heures, vers les pentes enneigées.

« Fangio », on m’appelait, ou Brouillon…sans doute à cause de mon sens déjà bien développer pour l’inattention…compliqué d’écouter une consigne, même pour aller tout droit ! Toujours devant, à font la caisse…et toujours à remonter les dix derniers mètres en escaliers, parce que j’avais loupé le bon croisement ! Quand je ne me retrouvais pas dans un trou, en coupant par la poudreuse pour raccourcir la piste.

Chaque année, aux vacances de février, on avait une semaine de stage, pour le passage des étoiles, avec les copains c’était mieux que la colonie de vacances ! Tout le club, tous les skieurs, les amis du dimanche étaient là pour la remise des étoiles, avec ma mère et ma sœur, c’était notre famille de l’hiver ! Une année, le club avait du s’y prendre un peu tard pour commander les dossards de groupes, ceux qui servent à ne pas nous perdre… ils nous avaient trouvé des cagoules orange fluo ! La « cagoule » en elle même c’était déjà un traumatisme… à 12 ans « frère c’est trop l’sum ! »… mais ressembler à une descente au flambeau à chaque passage sur la piste, c’était le summum de la honte internationale !

J’ai peu de souvenirs d’enfance, mais ceux-là, ils restent gravés avec bonheur…merci maman.

À l’époque, le ski s’était abordable, surtout avec les clubs d’entreprises. Maintenant il faut faire une hypothèque, quand on veut faire une sortie à 4 !

Mais l’hiver, ici ce n’est pas que le ski, je tiens à garder ma maison !

C’est une plaine blanchie par la neige, au petit matin,un soleil timide qui sort par dessus les montagnes, aux loin et qui vient percer la brume qui s’accroche aux arbres dénudés, pour les habiller, un peu. C’est le spectacle que j’ai le bonheur d’avoir certains matins, avant d’arriver au travail, c’est magique !

J’aime nos printemps, ils sont de nature impressionniste. En premier lieu, les prairies reverdissent, d’un vert doux et frais. Puis viennent, par petites tâches jaunes, blanches et roses, les fleurs des forcicias, des cerisiers à fleurs, des magnolias, et tant d’autres. Par petites tâches vertes, viennent s’ajouter les bourgeons et feuilles naissantes.

Et non je n’ai pas d’anecdotes rigolotes sur cette période de l’année, un peu de poésie, ça ne vous fera pas de mal !

Les étés sont chauds et secs, une vraie saison bien marquée, les pieds dans l’eau du lac d’Annecy, ou dans les chaussures de montagne ! Saison par excellence des sacro-saint barbecues, l’été en montagne donne la part belle à la merguez, aux godiveaux et aux diots savoyards ! À pratiquer torse nu de préférence, histoire de tanner la peau par les effluves charbonnières, ou de renforcer son bronzage déjà bien installé lors de la pratique de la tondeuse à gazon, autre tradition bien répandue dans nos régions vallonnées !

La canicule porte bien son nom par ici, nul besoin d’aller la chercher en méditerranée. Alors, quand elle dure trop longtemps, comme elle en a l’habitude depuis quelques années maintenant, je me languis du crachin automnal.

J’aime l’automne, c’est ma saison préférée. La nature se transforme, nos feuillus offrent un spectacle fantastique. Autant le printemps y va par petites touches, autant l’automne est un feu d’artifice.

C’est la saison des cueillettes aussi. Mine de rien, pour les fruits et les légumes de l’été il a fallu bien se décarcasser pour les faire pousser, graines, semis, plantation, la totale ! Si, bien entendu, vos pousses de courgettes ont échappées aux limaces, et que les pieds de tomates ont survécu aux pluies printanières abondantes, ou à la sécheresse caniculaire, au choix !

À l’automne, c’est la nature qui vous offre ses trésors, il n’y a qu’à se baisser. Ail des ours, myrtilles, champignons, châtaignes et j’en passe et des meilleurs…pour la liste exhaustive voir avec Marc Veyrat.

Enfin, il n’y a qu’à se baisser…ça dépend où et à quelle heure ! Nous par exemple, on a beaucoup de mal à trouver des champignons, les seuls qui sont sous notre nez, poussent dans la pelouse mais ils ne sont pas comestibles. Lorsque l’on s’aventure pour une cueillette dans les bois, souvent c’est à 10 mètres de la voiture, et à 4 heures…de l’après midi : je ne suis pas une experte, mais je crois qu’au mieux, il y avait des « trompettes de la mort », sur le sol que nous foulons, mais d’autres nous ont devancés (tu m’étonnes!), au pire, les coins à champignons, si c’était aussi facile de les trouver en descendant de sa voiture..et bien ça se saurait !

Du coup, on a une tradition dans la famille, c’est l’omelette à  « l’ail des ours », essayez c’est très bon, et même en débarquant à 16h00 dans la forêt vous êtes sûr d’en manger pour le dîner.

Alors vous comprenez , maintenant, pourquoi j’avais hâte de mettre un pull.

Virginie

Par Virginie

Auteur du blog d'écriture ohlesfillesfr.fr, de contes pour enfants, de pièces de théâtre et de romans jeunesse.

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